La face cachée de Taïwan: leçons à tirer de la mise en œuvre des deux pactes relatifs aux droits de l'Homme Taipei, Paris, 22 avril 2013. En fév

 

Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH)

Taiwan Association for Human Rights (TAHR)

La face cachée de Taïwan: leçons à tirer de la mise en œuvre des deux pactes relatifs aux droits de l'Homme

 

Taipei, Paris, 22 avril 2013. En février, la FIDH et TAHR ont participé à une semaine de réunions organisées par le gouvernement taiwanais et un panel d'experts internationaux pour examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre en droit national du PIDCP et du PIDESC.[1] Dans un rapport publié aujourd'hui, “La face cachée de Taïwan: leçons à tirer de la mise en œuvre des deux pactes relatifs aux droits de l'Homme”, la FIDH et TAHR expliquent qu'en dépit de réformes légales et juridiques importantes mises en œuvre ces dix dernières années, de nouvelles étapes doivent être franchies pour que les normes internationales des droits de l'Homme soient respectées en pratique.

 

“Nous avons intitulé notre rapport ''La Face cachée de Taïwan'' pour rappeler que le pays ne peut être présenté que sous l'angle de sa réussite économique. Taïwan reste une démocratie très jeune, et fait face à de grands défis en ce qui concerne la protection des droits humains. Il est donc essentiel de soutenir les tentatives du gouvernement et de la société civile taiwanaise pour renforcer une culture des droits de l'Homme encore fragile”, a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

 

Au cours de la mission d'enquête conjointe organisée en novembre, la FIDH et TAHR ont identifié deux préoccupations principales:  la peine de mort et l'administration de la justice.  

 

“Nous sommes particulièrement choqués par l'exécution le 19 avril de six condamnés à mort, qui suit celle de six autres prisonniers en décembre 2012, le jour suivant l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution appelant à un moratoire universel sur la peine de mort. Taïwan est l'un des 21 pays à avoir exécuté des condamnés en 2012 et restera un des rares pays à le faire en 2013”, a déclaré Wellington Koo, président de TAHR.

 

“L'expérience d'autres pays montre que l'opposition de l'opinion publique à l'abolition, mis en exergue par les autorités, disparaît par elle-même, dès que les gens se rendent compte que l'abolition  n'aboutit pas à une augmentation de la criminalité”, a ajouté Danthong Breen, directeur de l'organisation Union for Civil Liberty, qui a représenté la FIDH au cours des réunions organisées à Taipei en février.

 

Le rapport de la FIDH et de TAHR a aussi mis la lumière sont des problèmes liés aux droits à la terre et au logement, au droit de l'environnement, à la marginalisation continue des peuples autochtones et aux violations des droits humains affectant les femmes et les migrants de pays plus pauvres en Asie.

 

“Les droits humains sont universels, et nous ne pouvons accepter certaines déclarations faites par des officiels du gouvernement expliquant, que certains droits, notamment le droit au logement, doivent être adaptés dans leur contexte nationale. Les évictions forcées de communautés vulnérables, qui se multiplient, ne peuvent en auncun cas être justifiées. Et le gouvernement doit rapidement se saisir du problème" a conclu Souhayr Belhassen.

 

Contact presse: presse@fidh.org




[1]        Malgré son absence des nations Unies depuis 1971, le gouvernement taiwanais a ratifié en 2009 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC). En avril 2012, le gouvernement a publié un rapport détaillant les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces pactes. Ce dernier a été examiné par un panel d'experts internationaux  du 25 février au 1er mars 2013. Les experts comprenaient: Eibe Riedel (Allemagne), Philip Alston (Australie), Manfred Nowak (Autriche), Heisoo Shin (Corée du Sud), Jerome Cohen (Etats-Unis), Nisuke Ando (Japon), Shanthi Dairiam (Malaisie), Asma Jahangir (Pakistan), Theodor van Boven (Pays-Bas) et Virginia Bonoan-Dandan (Philippines).